Métro, boulot, dodo. Une augmentation, une plus grosse voiture, un crédit de plus, et re-boulot. La rat race, c’est le rat dans sa roue : plus il court vite, plus elle tourne vite, et il reste au même endroit. Des livres et des séminaires promettent d’en sortir en un an. On a refait le calcul avec nos propres chiffres. Spoiler : la sortie existe. Elle n’est juste pas là où on vous l’indique.
L’essentiel en 30 secondes
- La rat race, c’est avoir besoin de son prochain salaire pour payer le mois suivant, quel que soit le montant du salaire. On en sort quand ses revenus passifs paient ses dépenses.
- « Un an pour tout plaquer » : la promesse oublie le temps des crédits, les impôts, et surtout que sans salaire, la banque ne prête plus.
- Le vrai chiffre : pour remplacer un salaire net médian (2 190 € par mois), il faut environ sept biens comme notre T2, crédit remboursé. Ou près d’un million d’euros placés en ETF.
- Notre GPS de la sortie : cinq questions, oui ou non, pour savoir si vous pouvez partir, et sinon, quelle est votre prochaine étape. Avec un simulateur pour les chiffres.
- Notre verdict : on peut quitter la rat race. En années, pas en mois. Et pas forcément en quittant son travail.
Au sommaire
- La rat race, c’est quoi exactement ?
- Le test : êtes-vous dans la roue ?
- « Un an pour tout plaquer » : la promesse
- Le calcul qu’on ne fait pas au séminaire
- Le piège : sans salaire, plus de crédit
- Comment quitter la rat race : le GPS de la sortie
- Le simulateur : votre plan de sortie
- Les portes de sortie, et leurs règles 2026
- Et nous, on en est où ?
- Questions fréquentes
- En résumé
La rat race, c’est quoi exactement ?
Rat race, littéralement, c’est une course de rats. Et l’image qui va avec, c’est le rat dans sa roue. Imaginez-le très motivé. Il court plus vite que tous les rats de l’animalerie. Il a la plus belle roue du rayon, des chaussures de running et une appli qui compte ses pas. Problème : plus il court, plus la roue tourne vite. Il ne va nulle part. Il va juste nulle part plus vite.
Faites courir le rat
Le rat trottine. Distance réelle : 0 m.
C’est à peu près ça, la rat race. En français, on parle parfois de « course aux rats », ou plus simplement de métro, boulot, dodo. L’expression vient de l’anglais américain. On la trouve dès 1934 chez les pilotes de chasse, pour un exercice où l’on suit un chef de file qui enchaîne les acrobaties. En 1939, elle prend le sens qu’on lui connaît : une lutte épuisante pour garder sa place, au travail comme dans la vie.
Chez nous, elle a vraiment décollé avec Robert Kiyosaki. Dans son best-seller de 1997, Père riche, père pauvre, et dans son jeu de société Cashflow, la règle est simple. Tant que votre salaire paie vos dépenses, vous tournez sur la petite piste du milieu : la rat race. Le jour où vos revenus passifs dépassent vos dépenses, vous sortez sur la grande piste. Fin de la course, début de la vraie partie.
- 1934Chez les pilotes de chasse américains, la « rat race » est un exercice : suivre un chef de file qui enchaîne les acrobaties.
- 1939L’expression prend son sens actuel : une course épuisante pour garder sa place.
- 1971Deux psychologues décrivent le « tapis roulant hédonique » : on s’habitue à tout, même au confort.
- 1997Père riche, père pauvre et le jeu Cashflow : la rat race devient la petite piste dont il faut sortir.
- 2017On lit Kiyosaki à notre tour. Déclic, puis premiers tableurs.
On ne va pas faire les malins : c’est exactement par là qu’on est arrivés. En 2017, on est tombés un peu par hasard sur des vidéos de développement personnel qui vantaient l’indépendance financière. Puis sur Kiyosaki. Alex avait alors 34 000 € de côté et des comptes tenus à l’euro près depuis son premier CDI. Il pensait avoir tout bon. Le livre lui a appris une première leçon, « payez-vous en premier », et une deuxième, plus vexante : épargner ne suffit pas. Un livret qui dort, c’est un rat qui fait la sieste dans sa roue. On vous a raconté ce déclic de 2017.
La vraie course, ce sont les dépenses
De la définition, on retient souvent la mauvaise moitié : « le salariat, c’est la prison ». Ce n’est pas le salaire, le problème. C’est ce qui se passe quand il augmente.
Vous êtes augmenté de 200 € par mois. Trois mois plus tard, la nouvelle voiture en a pris 150, et les 50 restants se sont évaporés dans deux abonnements que vous ne regardez pas. Vous gagnez plus, vous dépensez plus, donc vous avez besoin de gagner plus. La roue accélère, et vous avec.
Les psychologues ont un nom pour ça depuis 1971 : le « tapis roulant hédonique ». On s’habitue très vite à un niveau de vie plus élevé, et il devient le nouveau minimum. Le petit luxe d’hier est le standard d’aujourd’hui, et la contrainte de demain. Personne ne se dit « je suis prisonnier de mon écran plat ». Mais tout le monde a déjà dit « je ne peux pas descendre en dessous de ça ».
D’où notre définition, moins romantique que celle des séminaires :
Être dans la rat race, c’est avoir besoin de son prochain salaire pour payer le mois suivant. Quel que soit le montant du salaire.
Un cadre qui gagne 6 000 € par mois et en dépense 6 000 est plus coincé qu’un employé qui gagne 2 000 € et en dépense 1 500. Le premier a une plus grande roue. Le second a déjà repéré la porte. Tout se joue dans l’écart entre les deux.
Le test : êtes-vous dans la roue ?
Pas besoin de séminaire pour faire le diagnostic. Cochez ce qui vous ressemble. Soyez honnête, personne ne regarde : rien n’est enregistré, pas même par nous.
Cochez les phrases qui vous ressemblent.
Le verdict, si le petit compteur ne s’affiche pas chez vous : de 0 à 2 cases, vous voyez déjà la porte. De 3 à 5, vous êtes un coureur lucide : vous savez que vous tournez en rond, et c’est le vrai début de la sortie. De 6 à 8, roue à pleine vitesse. Pas de panique, c’est là que tout le monde commence.
Remarquez qu’aucune de ces phrases ne parle de votre métier, de votre patron ou de votre salaire. Elles parlent toutes de la même chose : la distance entre ce qui rentre et ce qui sort, et ce que vous en faites.
« Un an pour tout plaquer » : la promesse
Tapez « quitter la rat race » dans Google. Avant même une définition, vous tombez sur un livre : Un an pour quitter la rat race, sous-titré « et mettre fin au cycle infernal du métro/boulot/dodo ». Sa page de vente promet de vous faire « déterminer votre plan en 12 mois pour tout plaquer ». Au menu : 13 attitudes à adopter et quatre piliers pour créer de la richesse, l’immobilier, la bourse, internet et l’entreprise.
Autour du livre gravite tout un univers du même nom. Une formation en ligne, d’abord : une dizaine de mois, une soixantaine d’heures de vidéos en huit modules, un groupe privé et un séminaire de clôture. D’après des avis publiés en ligne, elle s’est vendue autour de 1 500 € pour une édition de 2017, puis moins de 600 € pour une édition suivante. Des séminaires « live », ensuite : celui d’octobre 2018 revendiquait 3 000 participants sur un week-end, 29 interventions et plus de 1,2 million d’euros de budget. Un site d’avis va jusqu’à écrire qu’on peut y apprendre à « devenir millionnaire voire milliardaire ».
Milliardaire. Au rythme de notre studio, qui nous laisse 63 € par mois, il nous faudrait un peu plus de 1,3 million d’années. On va peut-être revoir notre calendrier.
Le compteur du futur milliardaire
1 322 751 ans
pour gagner un milliard d’euros à 63 € par mois. Il y a 1,3 million d’années, nos ancêtres taillaient des pierres.
Ce n’est pas un cas isolé. Dans notre article sur les formateurs immobiliers, on avait comparé le prix d’un même savoir : un bon livre à 15 €, une formation « débutant » à 500 ou 800 €, un séminaire « quitter la rat race » à 1 500 €, et des accompagnements « premium » jusqu’à 10 000 €. Le prix de 667 livres. Même en lisant vite, ça fait beaucoup de soirées.
Le même savoir, quatre prix
667 livres à 15 €pour le prix de l’accompagnement « premium »
On ne va pas se moquer des gens qui y vont. Ces événements vendent quelque chose de réel : de l’énergie, une communauté, et l’impression d’être enfin entouré de gens qui ne trouvent pas bizarre de vouloir arrêter de travailler. Ce sentiment, on le connaît. C’est celui qui nous a fait dévorer Kiyosaki en 2017. L’envie, on la partage. Ce qui coince, c’est le chiffre. Un an.
Ce que la promesse suppose
Pour quitter son travail en douze mois grâce à l’immobilier, il faudrait réunir quatre conditions en même temps :
- acheter plusieurs biens très vite, donc emprunter beaucoup, très vite ;
- que chaque bien dégage tout de suite un cash-flow positif, après impôts ;
- que la banque continue de prêter à quelqu’un qui annonce vouloir démissionner ;
- et que rien ne casse : pas de vacance, pas d’impayé, pas de chaudière qui lâche un 2 janvier.
Pour voir vos chances, on a fabriqué une petite machine. Chaque condition a une chance sur quatre de sortir, ce qui est déjà très généreux. Pour gagner, il en faut quatre.
La machine à promesses
Essais : 0 · Jackpots : 0
Quatre conditions, une chance sur quatre pour chacune. À vous de jouer.
Une seule de ces conditions est déjà rare. Les quatre à la fois, pendant un an, c’est le genre de chose qui arrive surtout sur scène, avec de la musique derrière.
Ce qu’elle oublie
Touchez une carte pour la retourner : au recto, ce qu’on entend en séminaire ; au verso, ce qu’on a vécu.
Certaines personnes ont réellement quitté leur emploi très vite, bien sûr. Mais rarement grâce à leurs seuls loyers. Le plus souvent grâce à une activité à côté, qui n’a rien de passif : une entreprise, un commerce, un business en ligne. Ce sont des revenus de travail. Ils ont changé de roue, ce qui est déjà très bien, mais ce n’est pas la sortie promise sur scène.
Le calcul qu’on ne fait pas au séminaire
Faisons le calcul qu’on ne fait jamais sous les projecteurs. Prenons le salaire net médian en France : 2 190 € par mois en équivalent temps plein, dans le privé, en 2024, selon l’Insee. La moitié des salariés gagnent plus, l’autre moitié gagnent moins. Combien de biens faut-il pour le remplacer ?
Au module 1 de notre formation, on a fait le ticket de caisse d’un T2 loué 750 € par mois. Une fois le crédit remboursé, les charges et les impôts payés, il reste environ 40 % du loyer : à peu près 300 € par mois. Donc 2 190 ÷ 300 = 7,3. Il faut environ sept biens comme notre T2. Payés.
Et pendant le crédit ? Notre studio est loué 880 € hors charges. Une fois payés la mensualité de 677 €, les charges, la taxe foncière et l’impôt, il nous reste 63 € par mois. On a détaillé ce calcul dans notre décryptage sur les revenus passifs. Pour toucher 2 190 € comme ça, il faudrait 35 studios. Bon courage pour le dossier à la banque.
7 T2 payés
≈ 300 € nets par mois chacun, crédit remboursé
ou bien
35 studios encore en crédit
≈ 63 € par mois chacun, comme le nôtre
| Avec quoi | Combien | Ce que ça veut dire |
|---|---|---|
| Des T2 crédit remboursé (≈ 300 € nets par mois chacun) | ≈ 7 biens | Le scénario réaliste, au bout de 20 à 25 ans de crédits |
| Des studios encore en crédit (≈ 63 € par mois, comme le nôtre) | ≈ 35 biens | Le scénario « un an » : aucune banque ne suit |
| De la location nue, sans crédit | ≈ 1 275 000 € de biens | Calculé avec notre passivomètre |
| De la location meublée, sans crédit | ≈ 1 070 000 € de biens | Un peu moins de capital, un peu plus de gestion |
| Des ETF | ≈ 975 000 € placés | En retirant 2,7 % par an |
| Un livret A | Impossible | Plafond de 22 950 € : 33 € par mois au taux de 1,7 % |
Sources : Insee Première n° 2079 (octobre 2025) pour le salaire médian ; nos calculs avec le passivomètre, à partir de rendements nets d’impôts.
Pas de quoi se décourager : ce tableau remet juste la ligne d’arrivée au bon endroit. Un million d’euros, ce n’est pas un an de travail. C’est une vie de placements bien menés, ou vingt ans de crédits remboursés par des locataires. Les deux sont possibles. Aucun des deux ne tient en douze mois.
Le vrai chiffre, ce n’est pas votre salaire
Bonne nouvelle quand même : vous n’avez pas besoin de remplacer votre salaire. Vous avez besoin de couvrir vos dépenses. Et ce n’est pas du tout la même chose.
En 2017, on a listé toutes nos dépenses communes, du crédit immobilier aux restaurants : 35 000 € par an, dont 13 500 € de crédit. Sans le crédit, 21 500 €. On a ajouté le coût d’une famille qui s’agrandit et une marge pour se sentir à l’abri. Notre chiffre de sortie : 40 000 € par an, soit 3 300 € de revenus passifs par mois. Tout le raisonnement est au module 31, et la liste d’origine dans notre calcul des dépenses annuelles.
C’est là que la frugalité devient un super-pouvoir, et pas une punition. Chaque tranche de 100 € de dépenses mensuelles en moins, c’est environ 44 000 € de moins à placer en ETF, ou 60 000 € de moins en location nue. Couper un abonnement à 9,99 € ne vous rendra pas libre. Revoir trois ou quatre gros postes, la voiture, le logement, les assurances, peut vous faire gagner des années.
Le super-pouvoir de la frugalité
Capital à réunir pour 1 890 € de dépenses par mois, au lieu de 2 190 € :
Mêmes repères que le tableau plus haut : environ 445 € de capital en ETF et 582 € en location nue pour chaque euro de dépense mensuelle.
On ne sort pas de la rat race en gagnant plus. On en sort quand on a moins besoin de son salaire.
Le piège : sans salaire, plus de crédit
C’est la partie qu’on aimerait voir écrite en lettres de trois mètres sur toutes les scènes de séminaire.
L’immobilier locatif fonctionne grâce à l’effet de levier : la banque prête, le locataire rembourse. Mais une banque ne prête pas à un projet. Elle prête à une personne. Et chez cette personne, elle regarde d’abord le salaire.
Les règles sont fixées par le Haut Conseil de stabilité financière, qui les a maintenues le 15 septembre 2026. Vos mensualités, assurance comprise, ne doivent pas dépasser 35 % de vos revenus nets, et la durée est plafonnée à 25 ans (27 ans dans quelques cas, avec un différé). Les banques peuvent sortir de ces règles pour 20 % de leurs dossiers, mais la plus grande partie de cette souplesse est réservée aux résidences principales et aux primo-accédants.
de vos revenus nets, au plus, pour toutes vos mensualités
de durée au maximum, 27 dans quelques cas
de dossiers hors règles, surtout pour les résidences principales
Et vos loyers ? Les banques les comptent en général à 70 %, pour tenir compte de la vacance et des charges. Un loyer de 1 000 € pèse 700 € dans votre dossier. Résultat, un calcul tout simple, qu’on a baptisé le test du CDI :
| Avec les salaires | Sans les salaires | |
|---|---|---|
| Revenus retenus par la banque | 4 500 € + 70 % de 1 600 € = 5 620 € | 70 % de 1 600 € = 1 120 € |
| Mensualité maximale (35 %) | 1 967 € | 392 € |
| Crédits déjà en cours | 1 300 € | 1 300 € |
| Marge pour un nouveau crédit | 667 € par mois | 0 € : le plafond est déjà dépassé |
| Projet finançable sur 25 ans à 3,75 % | ≈ 130 000 € | 0 € |
Taux moyen sur 25 ans en octobre 2026 selon Pretto, hors assurance. Règles du HCSF et loyers comptés à 70 % : voir les sources en fin d’article.
Le jour où vous quittez votre emploi, vous ne perdez pas seulement votre salaire. Vous perdez votre capacité d’emprunt. La machine qui devait vous libérer s’arrête net, au milieu du gué. Et devenir indépendant ne règle rien à court terme : pour un entrepreneur, les banques demandent en général plusieurs années de bilans, souvent les trois derniers. Trois ans sans nouveau crédit, c’est trois ans de pause dans la construction.
Ce n’est pas tout. Quitter son poste, c’est aussi :
- perdre la mutuelle d’entreprise, dont l’employeur paie au moins la moitié ;en moins
- ne plus cotiser pour sa retraite comme avant, même si les périodes de chômage indemnisé comptent ;en moins
- renoncer à l’assurance chômage si l’on démissionne sans projet reconnu.en moins
D’où la règle numéro un de notre modèle : on construit tant que la banque prête, et on sort quand on n’a plus besoin d’elle. Dans cet ordre, jamais dans l’autre. Si vous voulez refaire ce calcul avec vos chiffres, le module 3 sur la capacité d’emprunt détaille la règle des 35 %.
Comment quitter la rat race : le GPS de la sortie
Plutôt qu’une méthode à apprendre par cœur, on vous propose un GPS. Cinq questions, oui ou non. À chaque « non », il vous arrête à la bonne aire, avec la prochaine étape à faire. Au bout de cinq « oui », la porte est ouverte. Il ne vous promet pas de sortir en un an. Il vous dit où vous êtes, ce qui est déjà beaucoup plus que la plupart des séminaires.
Le GPS de la sortie
5 questions, 30 secondes, une destination.
Vous êtes ici : dans la roue. Répondez par oui ou par non.
-
1
Connaissez-vous vos dépenses annuelles, à 1 000 € près ?
Si non
Allumez les phares
Impossible de trouver la sortie sans savoir où elle est. Votre ligne d’arrivée, ce sont vos dépenses, pas votre salaire.
- Listez douze mois de dépenses, pas un mois « normal » : il n’existe pas.
- Retirez ce qui disparaîtra le jour J, ajoutez ce qui apparaîtra : mutuelle, impôts sur les loyers, marge.
-
2
Avez-vous au moins six mois de dépenses de côté ?
Si non
Le plein d’abord
On ne prend pas l’autoroute avec la jauge sur la réserve. Un investisseur sans matelas vend au pire moment, ou s’endette pour une chaudière.
- Mettez six mois de dépenses de côté, sur un livret disponible.
- À chaque augmentation, la moitié part en épargne avant d’arriver sur le compte courant.
-
3
Vos revenus passifs nets paient-ils au moins un quart de vos dépenses ?
Si non
Le chantier
Vous êtes au bon endroit pour construire, et surtout pas pour partir : c’est votre salaire qui convainc la banque.
- Investissez tant que la banque prête : 35 % de taux d’effort, loyers comptés à 70 %.
- Gardez six mois de mensualités de côté, en plus du matelas.
- Premier objectif : 25 % de couverture, le palier où l’on respire.
-
4
Paient-ils la totalité de vos dépenses ?
Si non
Lever le pied
Vous n’êtes pas sorti, mais vous avez gagné un droit : choisir. Continuez à construire tant que vous êtes salarié.
- Dès 25 % : refusez ce qui vous coûte trop, promotion ou heures sup’.
- Dès 50 % : testez un temps partiel ou un congé sabbatique.
-
5
Pouvez-vous vous passer de la banque : plus d’achat en vue, crédits finis ou couverts ?
Si non
Dernier arrêt : la banque
Vos revenus passifs suffisent, mais vous avez encore besoin d’elle. Or sans salaire, elle ne prête plus.
- Faites vos derniers achats, ou renégociez vos crédits, avant de partir.
- Refaites le test du CDI, plus haut, avec vos propres chiffres.
-
Cinq fois oui
La sortie est ouverte
Bravo. Avant de pousser la porte, deux précautions : testez la vie d’après, et gardez de la marge pour les mauvaises années.
- Visez 125 % de couverture : une toiture ou une loi qui change, et 100 % devient 85 %.
- Testez six à onze mois avec un congé sabbatique, contrat suspendu.
- Puis choisissez votre porte : rupture conventionnelle, démission pour projet ou simple démission.
Sans JavaScript, ou en touchant « Voir toute la carte », vous voyez l’itinéraire complet : les cinq questions et les six destinations possibles. De quoi faire une jolie capture d’écran pour votre frigo.
Pourquoi ces cinq questions, dans cet ordre
Les deux premières n’ont rien de glamour, et c’est voulu. Sans chiffre de sortie, on court sans savoir où est la ligne d’arrivée. Sans matelas, le premier imprévu vous renvoie dans la roue, parfois avec un crédit de plus. Ce sont justement les deux étapes que les séminaires sautent, parce qu’elles ne font rêver personne.
Les questions 3 et 4 tournent autour d’un seul chiffre, le plus utile de tout cet article : votre taux de couverture.
Taux de couverture = revenus passifs nets ÷ dépenses du foyer
Plutôt que d’attendre un grand jour qui recule sans cesse, on le découpe en paliers. À chaque palier, un droit nouveau :
| Palier | Taux de couverture | Ce que vous pouvez vous permettre |
|---|---|---|
| Respirer | 25 % | Refuser une promotion qui vous coûte trop cher, dire non aux heures sup’ sans trembler |
| Lever le pied | 50 % | Tester un temps partiel ou un congé sabbatique |
| Sortir | 100 % | Quitter votre poste, si vos crédits sont finis ou largement couverts |
| Sortir serein | 125 % | Garder une marge pour les impôts, les travaux et les mauvaises années |
Pourquoi 125 % ? Parce que la vie ne suit pas un tableur. Une toiture à refaire, un locataire qui part, une loi fiscale qui change, et votre 100 % devient 85 %. La marge, c’est ce qui fait la différence entre une sortie et une rechute. Et côté moral, « passer de 18 % à 25 % cette année » motive bien plus que « devenir libre un jour ».
La question 5 est celle que tout le monde oublie, et c’est la plus traître : on peut couvrir 100 % de ses dépenses et avoir encore besoin de la banque. Un dernier achat, une renégociation, des crédits pas tout à fait couverts. Faites tout ça avant de partir, jamais après.
Le passage le plus long : tenir
Entre « le chantier » et « lever le pied », il y a la partie la moins sexy du trajet, et de loin la plus longue : tenir le temps des crédits. Pendant le crédit, un bien rapporte peu, 63 € par mois pour notre studio. C’est normal, c’est même le but : votre locataire rembourse votre capital. Vous êtes riche sur le papier et juste à l’aise sur le compte courant. C’est là que beaucoup abandonnent, ou font une bêtise.
Pour accélérer sans tricher, il existe trois leviers : revendre un bien qui a pris de la valeur pour solder d’autres crédits, rembourser par anticipation quand ça vaut le coup, et garder les biens qui rapportent le plus. Nous, on a fait cinq reventes en neuf ans. Mais comptez quand même en années, pas en mois.
Essayer avant de sauter
Même avec cinq « oui », testez. Un congé sabbatique de six à onze mois, ou un temps partiel, vous apprend deux choses qu’aucun séminaire ne vous dira : si vos revenus passifs tiennent vraiment, et si vous aimez la vie d’après. Certains découvrent qu’ils ne voulaient pas arrêter de travailler. Ils voulaient arrêter d’en dépendre. Une découverte qui coûte beaucoup moins cher avant une démission qu’après.
Avant de pousser la porte, notre check-list :
0 sur 6
Cochez ce qui est déjà fait : la porte s’ouvre au fur et à mesure.
Le simulateur : votre plan de sortie
Un calcul, une minute. Il mesure votre taux de couverture et estime dans combien d’années vous atteindrez chaque palier, si vous continuez à investir au même rythme. Pratique pour répondre aux questions 3 et 4 du GPS.
Où en êtes-vous de la sortie ?
Déplacez les curseurs. Rien n’est enregistré : tout se calcule dans votre navigateur. Pour le rendement, nos repères vont de 2 à 3 % net d’impôts, une fois les crédits finis.
Comment on calcule : vos revenus passifs actuels sont convertis en capital, puis on ajoute chaque mois votre épargne, placée au rendement net indiqué, en réinvestissant tout. Le calcul se fait en euros d’aujourd’hui et ne tient pas compte du crédit, qui fait grossir le patrimoine plus vite mais repousse la rente. C’est une estimation, pas une promesse.
Si le calcul vous annonce plus de vingt ans pour le palier à 100 %, ne fermez pas l’onglet. Jouez avec les deux curseurs qui comptent vraiment : vos dépenses et votre épargne. Vous verrez vite qu’ils pèsent bien plus lourd que le rendement, contrairement à ce qu’on vous raconte souvent.
Les portes de sortie, et leurs règles 2026
Vous avez atteint un palier et vous voulez lever le pied ? Plusieurs portes existent. Elles ne s’ouvrent pas toutes de la même façon, et l’une d’elles a rétréci cette année.
| Porte | Revenu pendant | Les règles en bref | Pour quel palier |
|---|---|---|---|
| Temps partiel | Salaire réduit | Il se négocie : hors cas prévus par la loi ou votre convention collective, l’employeur peut refuser | 50 % |
| Congé sabbatique | Aucun | 36 mois dans l’entreprise et 6 ans d’activité, de 6 à 11 mois, demande 3 mois avant, report possible | 50 %, pour tester |
| Rupture conventionnelle | Chômage possible | Accord des deux côtés ; depuis le 1er septembre 2026, 15 mois d’indemnisation au plus avant 55 ans | 100 % |
| Démission pour projet | Chômage possible | 1 300 jours travaillés sur 60 mois, conseil en évolution professionnelle avant, projet validé par Transitions Pro | Créer une activité |
| Démission simple | En principe aucun | Pas de chômage, sauf démission dite légitime | 125 % |
Le congé sabbatique, notre porte préférée pour tester
Votre contrat est suspendu, pas rompu. À la fin, vous retrouvez votre poste ou un poste équivalent. C’est l’essai avant le grand saut, dans sa forme la plus pure : six à onze mois de vie d’après, avec une porte de retour. Il faut 36 mois d’ancienneté dans l’entreprise, 6 ans d’activité professionnelle, et prévenir trois mois avant. Votre employeur peut repousser la date, de six à neuf mois selon la taille de l’entreprise, et ne peut refuser que dans les entreprises de moins de 300 salariés. Le congé n’est pas payé, ce qui en fait un test grandeur nature de vos revenus passifs.
La rupture conventionnelle : un filet, plus court qu’avant
Elle se négocie, elle ne s’exige pas. Et le filet a rétréci : depuis le 1er septembre 2026, la loi du 11 juin 2026 limite l’indemnisation chômage qui suit une rupture conventionnelle à 15 mois avant 55 ans, contre 18 auparavant, et à 20 mois et demi au-delà. Le chômage n’a rien d’un revenu passif : voyez-le comme un amortisseur pour la première année, et rien de plus.
Le filet a rétréci
La démission pour projet professionnel
C’est la porte prévue pour créer une activité, ou pour se reconvertir avec une formation. Il faut 1 300 jours travaillés en continu sur les 60 derniers mois, demander un conseil en évolution professionnelle avant de démissionner, et faire valider le projet par la commission Transitions Pro de votre région. Attention : « devenir rentier » n’est pas un projet de reconversion au sens de France Travail. Il faut une formation ou une création d’entreprise.
La démission simple
En principe, pas de chômage, sauf quelques cas de démission dite légitime prévus par l’assurance chômage. C’est la porte de ceux qui ont déjà leurs 125 %. Pour tous les autres, c’est un saut sans parachute, et la rat race a la fâcheuse habitude de rattraper ceux qui sautent trop tôt.
Un dernier point, souvent oublié : la retraite. Une année sans salaire, c’est une année où vous ne cotisez plus comme avant. Faites le point sur votre relevé de carrière avant de choisir votre porte, pas après.
Et nous, on en est où ?
On ne va pas vous vendre une sortie qu’on n’a pas faite : on est toujours dedans. Cinq jours sur sept appartiennent encore à nos employeurs. Deux fois 1 607 heures par an, la durée légale d’un temps plein. Notre objectif, c’est que nos placements rachètent ces 3 214 heures.
On a commencé en 2017, juste après Kiyosaki. Depuis : 12 opérations, 7 achats et 5 reventes, environ 300 000 € de travaux sur sept biens. Notre chiffre de sortie est fixé depuis le début : 3 300 € de revenus passifs par mois, avec une date, avant nos 40 ans. Notre objectif de patrimoine : un million d’euros net. Fin 2025, on en était à 41 %. Tous les chiffres sont sur notre page Qui sommes-nous.
Si on avait cru à la promesse « en un an », on aurait démissionné en 2018 avec un appartement, un peu d’épargne et plus aucune banque pour nous suivre. On n’aurait jamais fait les six achats suivants. Le salaire, qu’on aurait voulu fuir, a été notre meilleur allié.
Alors, sortis de la rat race, au sens de Kiyosaki ? Pas encore : nos revenus passifs ne paient pas encore nos dépenses. Mais on sait exactement où est la ligne d’arrivée, et combien de tours il reste. C’est peut-être ça, la vraie différence entre une roue et une piste : sur une piste, il y a une ligne d’arrivée.
Questions fréquentes
Que veut dire « rat race » en français ?
Littéralement, la « course de rats ». L’expression désigne une course épuisante et sans fin pour gagner sa vie et garder sa place. En finances personnelles, depuis Kiyosaki, elle décrit la situation où l’on a besoin de son salaire pour payer ses dépenses. En français courant, on dit métro, boulot, dodo.
Comment sortir de la rat race ?
En réduisant l’écart entre vos dépenses et vos revenus passifs, des deux côtés à la fois : dépenser moins que ce que vous gagnez, investir la différence, et laisser ces investissements produire des revenus qui couvrent peu à peu vos dépenses. Notre GPS de la sortie vous dit, en cinq questions, où vous en êtes et quelle est votre prochaine étape.
Peut-on vraiment quitter la rat race en un an ?
Avec ses seuls placements, presque jamais, sauf à démarrer avec un gros capital : un héritage, la vente d’une entreprise. Pour remplacer un salaire net médian, il faut environ sept biens locatifs payés ou près d’un million d’euros placés. Ceux qui partent vite le font en général grâce à une activité, ce qui veut dire qu’ils continuent à travailler.
Combien faut-il de capital pour quitter la rat race ?
Tout dépend de vos dépenses, pas de votre salaire. Comptez environ 445 000 € placés en ETF pour 1 000 € nets par mois, ou trois à quatre biens payés en location nue. Pour 2 190 € par mois, le salaire net médian, c’est environ 975 000 € en ETF ou sept T2 sans crédit. Notre passivomètre fait le calcul avec vos chiffres.
Peut-on quitter la rat race grâce à l’immobilier ?
Oui, c’est même l’un des chemins les plus solides, grâce à l’effet de levier. Mais le levier ne fonctionne que tant que vous êtes salarié : c’est votre salaire qui convainc la banque. L’immobilier fait sortir de la rat race lentement, au rythme des crédits remboursés.
Peut-on emprunter sans CDI ?
Difficilement. Les banques comptent vos loyers à 70 %, et vos mensualités ne doivent pas dépasser 35 % de vos revenus. Sans salaire, vos seuls loyers suffisent rarement à couvrir les crédits en cours. Un indépendant devra en général présenter trois années de bilans. Notre test du CDI vous montre la différence en euros.
Le livre « Un an pour quitter la rat race » vaut-il le coup ?
On juge la promesse, pas le livre. Pour l’élan, un livre de motivation peut vraiment aider : c’en est un qui nous a lancés en 2017. Pour le calendrier, en revanche, « un plan en 12 mois pour tout plaquer » ne résiste pas aux chiffres de ce décryptage. Et avant de payer un séminaire, souvenez-vous qu’un bon livre coûte 15 € en librairie, et rien du tout à la bibliothèque.
Faut-il quitter son travail pour sortir de la rat race ?
Non. Sortir de la rat race, c’est ne plus dépendre de son salaire. Beaucoup de gens qui y arrivent continuent à travailler, autrement : à temps partiel, dans un métier choisi, ou simplement sans la boule au ventre du dimanche soir. Le travail devient une option.
En résumé
Alors, on peut quitter la rat race ? Oui. Mais pas en un an, pas d’un seul saut, et pas forcément en démissionnant.
- La rat race, c’est la dépendance au prochain salaire. Pas le salaire lui-même.
- La promesse « un an pour tout plaquer » vend de l’énergie. Les chiffres, eux, parlent de quinze, vingt, parfois trente ans.
- Le piège est au milieu du chemin : sans salaire, la banque ne prête plus. Il faut construire avant de partir.
- Le GPS de la sortie ne promet pas de miracle. Il vous dit où vous en êtes et quelle est la prochaine aire : à 25 % de couverture, on respire ; à 50 %, on lève le pied ; à 100 %, on peut partir ; à 125 %, on part serein.
Reste la question qu’aucun séminaire ne pose. Et si quitter la rat race ne voulait pas dire quitter son travail ? Pour certains, la sortie, c’est le jour où ils ne vont plus au bureau. Pour d’autres, c’est le jour où ils peuvent y aller sans y être obligés. Ce n’est pas la même ligne d’arrivée, et elle ne demande ni le même temps ni le même capital. Choisissez la vôtre avant de courir.
Une chose est sûre : on ne sort pas d’une roue en courant plus vite. On en sort en regardant où est la porte, et en acceptant qu’elle soit un peu plus loin que prévu.
Pour vérifier par vous-même
- Insee Première n° 2079, « Les salaires dans le secteur privé en 2024 », octobre 2025 : salaire net médian de 2 190 € par mois en équivalent temps plein.
- Haut Conseil de stabilité financière : normes maintenues lors de la réunion du 15 septembre 2026 (35 % assurance comprise, 25 ans, 20 % de dérogations), résumé par Magnolia le 28 septembre 2026.
- Pretto : loyers comptés à 70 % et bilans demandés aux indépendants (mise à jour du 26 octobre 2026) ; taux moyen de 3,75 % sur 25 ans en octobre 2026.
- Code du travail numérique : nouvelles durées d’indemnisation après une rupture conventionnelle, loi n° 2026-470 du 11 juin 2026.
- Unédic, démission pour poursuivre un projet professionnel (5 octobre 2026), et France Travail, démissionner avec un projet de reconversion.
- Service-public.fr, fiche F2381 : le congé sabbatique dans le secteur privé.
- Etymonline, « rat race » : premières attestations en 1934 et en 1939.
- Brickman et Campbell, « Hedonic relativism and planning the good society », 1971 : l’idée de tapis roulant hédonique.
- Le livre Un an pour quitter la rat race : sa page de vente. La formation du même nom : avis publiés en ligne en 2024 et 2025. Le séminaire d’octobre 2018 : la page de remerciement de son organisateur. Pas de lien, pour ne pas leur faire de publicité.
- Nos chiffres : Qui sommes-nous, module 1, module 31, revenus passifs et passivomètre, nos dépenses de 2017.
P.S. : on a lu Père riche, père pauvre en 2017. Il nous a donné l’envie, pas le calendrier. Le calendrier, on l’a construit à coups de tableurs. Pour faire le vôtre, le simulateur du module 31 vous dit à quel âge l’indépendance financière devient possible avec vos chiffres. Et si vous voulez comprendre pourquoi on se méfie de la règle des 4 %, lisez notre décryptage du mouvement FIRE et notre page sur l’indépendance financière.
Cet article raconte notre expérience et décrit des règles en vigueur au 3 novembre 2026. Ce n’est pas un conseil financier, fiscal ou juridique personnalisé. Avant de quitter votre emploi, faites le point avec votre banque, votre employeur et, si besoin, un conseiller.




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